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Une introduction aux réseaux de Markov
Ce travail se présente comme une généralisation des chaînes de Markov
en temps discret. La construction d'une chaîne de Markov à espaces d'états
consiste en une probabilisation des suites infinies sur , éléments
de l'espace
muni de sa tribu borélienne. Une autre
représentation de l'espace considère ses éléments comme des
chemins maximaux d'un arbre régulier . Changeons le mot
chemin en configuration. L'arbre est un ordre
partiel dont les configurations sont des sous-ordres partiels, qui ont
la propriété d'être des ordres totaux.
Le modèle des structures d'événements, introduit par Winskel
[6], apparaît alors comme une généralisation naturelle du modèle
de l'arbre. Une structure d'événements est en effet un ordre partiel,
dont les éléments sont vus comme des événements, et pour lequel
les configurations sont à présent des sous-ordres partiels, non
nécéssairement totaux. Une structure probabiliste est définie sur une
structure d'événements par la donnée d'une mesure de probabilité sur
l'espace des configurations maximales, muni de sa tribu borélienne
relative à la topologie de Scott. Si la structure d'événements en
question est en fait un arbre, dont les configurations sont bien des
chemins, alors nous retrouvons le modèle précédent.
D'autre part, le modèle de l'arbre est dérivé de la structure initiale
de la chaîne de Markov, par une opération de dépliage d'un graphe a priori
quelconque vers un arbre. Un analogue de cette opération de dépliage
est obtenu avec le modèle des réseaux de Petri, bien connu de
la communauté d'informatique théorique, dont le dépliage est en effet
une structure d'événements. Les réseaux de Petri probabilistes que
j'ai étudiés peuvent donc être vus comme une généralisation des
chaînes de Markov en temps discret; ce sont des chaînes de Markov «
à plusieurs jetons», dont les jetons peuvent bouger simultanément
-- d'où la notion de parallélisme --,
de manière probabiliste et avec une mémoire limitée à l'état présent
du système -- pour garder un caractère markovien.
Les étapes suivantes correspondent aux jalons de ce travail (les
références renvoient aux articles que j'ai publiés sur le sujet):
- Donner un théorème de prolongement de mesures, fondé sur le
théorème d'extensions des systèmes projectifs de mesures de
Prokhorov, et s'appliquant aux structures d'événements
[2,5].
- Construire des familles de probabilités consistentes, dont le
prolongement est garanti par le théorème précédent; le lien entre
probabilités et parallélisme est ici crucial [3].
- Adapter les outils classiques de la théorie des chaînes de
Markov (filtrations, temps d'arrêt, propriété de Markov forte)
[1].
- Étudier le comportement asymptotique, donner un analogue de la
mesure stationnaire et une loi des grands nombres [4].
Ce sont ces étapes que j'ai suivies en élaborant en collaboration avec
A. Benveniste le modèle des réseaux de Markov et des
structures d'événements probabilistes distribuées. Nous avons
proposé un modèle markovien à états locaux, possédant des propriétés
de parallélisme, et en l'absence d'horloge globale totalement
ordonnée. Ce sont ces caractéristiques qui en font l'originalité.
- 1
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S. Abbes.
The (true) concurrent Markov property and some applications to
Markov nets.
In G. Ciardo and P. Darondeau, editors, International Conference
on Theory and Applications of Petri nets, ICATPN 05, volume 3536 of LNCS, pages 70-89. Springer, 2005.
- 2
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S. Abbes.
A projective formalism for topological and probabilistic event
structures.
Mathematical Structures in Computer Science, 2007.
À paraître.
- 3
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S. Abbes and A. Benveniste.
Probabilistic true-concurrency models: branching cells and
distributed probabilities for event structures.
Information and Computation, 204(2):231-274, 2006.
- 4
-
S. Abbes and A. Benveniste.
Probabilistic true-concurrency models: Markov nets and a law of large
numbers.
Theoretical Computer Science, 2007.
À paraître.
- 5
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S. Abbes and K. Keimel.
Projective topology on bifinite domains and applications.
Theoretical Computer Science, 365(3):171-183, 2006.
- 6
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M. Nielsen, G. Plotkin, and G. Winskel.
Petri nets, event structures and domains, part 1.
Theoretical Computer Science, 13:85-108, 1981.
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