Free.fr est un fournisseur de service qui propose la « Freebox », une offre de triple-play (Internet par ADSL, téléphone et télévision) à un prix raisonnable (mais loin d'être le plus bas sur le marché français). Free.fr est relativement fiable, fournit un débit correct, permet la configuration du Fastpath, fournit une adresse IP fixe, et, ce qui est important pour moi, propose un accès IPv6 (presque) natif (dans certaines zones géographiques seulement).
(Et les appels vers les téléphones fixes polonais sont inclus. C'est sympa de pouvoir discuter avec ma nièce.)
Malheureusement, l'infrastructure de Free.fr présente un certain nombre de limitations assez surprenantes, qui rendent plusieurs usages difficiles ou même impossibles.
La Freebox (le routeur-modem ADSL-adaptateur VoIP-décodeur MPEG fourni par Free) ne prévoit pas la possibilité d'installer des routes statiques. Pour les gens souhaitant mettre un routeur derrière la Freebox pour créer un sous-réseau séparé de leur réseau principal, il faut soit faire un double NAT, avec tous les problèmes que ça entraîne, soit un proxy-ARP, avec tous les problèmes que ça entraîne.
En IPv6, c'est encore pire. La Freebox ne fournit qu'un /64, il est impossible en principe de faire un sous-réseau ; on est donc condamné à divers hacks à base de proxy-NDP.
Le DNS par défaut ne supporte pas les connexions TCP, ce qui limite la taille des réponses. Du coup, impossible de se connecter à certains sites multi-homed.
DNS/TCP a été défini en 1987 (RFC 1035), et il a été clarifié que son implémentation est obligatoire en 2010 (RFC 5966).
(On peut évidemment contourner le problème en utilisant son propre forwarder DNS — sauf que le serveur DHCP de la Freebox ne permet pas de spécifier son adresse, ce qui oblige soit à configurer manuellement tous les hôtes, soit à mettre en place son propre serveur DHCP.)
(EDNS0 est apparemment supporté.)
(Le serveur DNS se présente comme PowerDNS 3.1.7.2, une version datée de janvier 2010 qui est supposée supporter DNS/TCP.)
La Freebox est supposée contenir un pare-feu primitif, qui bloque normalement le port 25 en sortie. Malheureusement, ce pare-feu ne fonctionne pas :
(Oui, j'ai activé l'option. Oui, j'ai rebouté ma Freebox.)
(On me signale que le problème est résolu sur la Freebox v6. Cependant, le problème sur la v5 est confirmé par d'autres utilisateurs.)
Free.fr fournit un compte SIP qui permet d'appeler depuis son numéro de téléphone fixe. Malheureusement, le serveur SIP est très incomplet :
Les serveurs SMTP (MX et smarthost sortant) n'implémentent pas l'extension STARTTLS. Du coup, le courrier traverse l'Internet en clair.
(Le serveur IMAP n'implémente pas STARTTLS non plus, mais au moins il y a un serveur IMAP/TLS (« IMAPS ») sur ple port 993.)
Bien que Free supporte l'IPv6, les serveurs DNS sont en IPv4 uniquement. Il sera donc impossible d'accéder à un site qui n'aurait que des serveurs de nom IPv6.
La Freebox v5 inclut un petit NAS et magnétoscope numérique. Malheureusement, il est impossible de l'utiliser sans posséder de téléviseur — il n'y a pas d'interface web, l'enregistrement de programmes télé et la configuration du NAS ne peuvent se faire qu'à partir d'un téléviseur.
(On me signale que le problème est résolu sur la Freebox v6.)
La Freebox fait le streaming de tout un tas de chaînes de télévision et de radios sur le réseau local. C'est très agréable pour avoir la radio sur son PC pendant qu'on travaille.
Malheureusement, plusieurs radios sont multiplexées dans chaque flux RTP, et seul le nom de la première apparaît dans la playlist. Du coup, il faut chercher les radios à l'aveuglette.
Plus généralement, il est impossible de trouver la liste des services
fournis — par exemple, le serveur IMAPS ou les serveurs NTP
(ntp1.proxad.net,
ntp2.proxad.net) ne sont mentionnés nulle part, il faut
« deviner » leurs noms.
Le serveur NNTP ne porte pas le
groupe alt.religion.emacs !